mercredi 16 mars 2011

50 ans de volontariat



Anniversaire. Le Peace Corps a lancé la célébration de son demi-siècle de présence au Cameroun hier.
Le Peace Corps a 50 ans de présence au Cameroun. Robert P. Jackson, l’ambassadeur des Etats-Unis au Cameroun a présidé la cérémonie de lancement des activités de cet anniversaire hier au quartier Omnisport à Yaoundé. L’occasion a ainsi été offerte à LaHoma Smith Romocki, la directrice nationale de cette organisation de volontaires de « remercier le Cameroun pour son hospitalité, la patience de ses populations locales à nous apprendre leur langue et la disponibilité des autorités ».
50 ans d’activité du Peace Corps au Cameroun, c’est « près de 3000 volontaires qui se sont succédés dans tout le pays », confie LaHoma Smith Romocki. A travers les objectifs de l’organisation, les volontaires ont accompagné les populations locales dans divers domaines. Notamment, le développement des affaires, la santé, l’environnement ou encore l’éducation. L’année dernière par exemple, 5597 élèves ont été encadrés en anglais, Sciences et informatique, dans 37 établissements scolaires souffrant du manque d’enseignants. Les volontaires ont aidé plusieurs collectivités locales à monter des cybercafés communautaires, crée des clubs de jeunes pour enseigner les comportements de vie saines, l’utilisation des bibliothèques. Le Cameroun abrite actuellement 100 volontaires répartis dans les dix régions du pays. Pour ce cinquantième anniversaire, le Peace Corps a prévu diverses activités qui se dérouleront tout au long de l’année. Il entend renouveler ses engagements au Cameroun.
Crée en 1691 par le président américain John Fitzerald Kennedy, le Peace Corps est une organisation qui promeut la paix et l’amitié à travers le monde. Cela se traduit par le partage des connaissances, l’amélioration des conditions de vie des populations hôtes, le renforcement de leurs capacités, l’échange culturel. Les premiers volontaires du Peace Corps sont arrivé au Cameroun à Douala en 1962.

Muriel Edjo

lundi 14 mars 2011

Oui à l’industrialisation

Economie. Selon des experts de l’Onu, c’est la solution adéquate pour booster l’Afrique centrale.
Les conséquences néfastes de la crise économique mondiale de 2010 ont été ressenties en Afrique en général. En Afrique central en particulier, les économies se sont heurtées à la chute du prix de leurs matières premières comme le bois. Pour que pareille situation ne se pose plus, l’industrialisation des économies de la sous- région semble être une solution durable. Pour discuter de cette idée, le comité intergouvernemental d’expert du bureau sous-régional pour l’Afrique centrale de la commission économique des Nations unies pour l’Afrique s’est réunit vendredi dernier à Yaoundé. Les travaux abrités par l’hôtel Mont Fébé, avaient pour thème : « Enjeux et opportunités des politiques industrielles en Afrique centrale ».
Selon les experts, les économies de la Communauté économique des Etats de l’Afrique centrale (Ceeac) sont basées principalement sur l’agriculture, le pétrole et les mines. Avec une population de 126,24 millions d’habitants en 2008, ces pays totalisaient un Produit intérieur brut nominal de 95.700 milliards de Fcfa, avec un taux de croissance de 9,28%. Mais, cette croissance est le fruit de l’exportation des matières premières exclusivement et surtout du pétrole. L’industrie manufacturière reste inexistante parce que l’économie demeure de rente. A cela s’ajoute le faible taux des investissements, des problèmes de gouvernance politique, économique et sociale.
D’après Mamadou Bal, coordonateur du bureau sous-régional Afrique centrale de la commission économique de l’Afrique, « il faut absolument libérer la circulation des personnes et des moyens, pour que l’Afrique centrale puise dans les potentialités de ses Etats membres. Libérer les transports, l’énergie » pour booster l’économie de la sous-région. Il faut limiter les exportations de matières premières et mettre en place les infrastructures de base. Il faut investir dans l’agriculture qui représente encore 70% des emplois et contribue pour environs 25% au Pib de nombreux pays.
Muriel Edjo

vendredi 11 mars 2011

Elise Mballa Meka réélue


Droits d’auteurs. L’ancienne Pca de la Sociladra conserve son poste au terme de l’assemblée générale élective de dimanche dernier.
Elise Mballa Meka a été reconduite au poste de Président du conseil d’administration (Pca) de la Société Civile des droits de la Littérature et des Arts Dramatiques (Sociladra). Avec 326 voix contre 147, elle a battu son rival Hubert Mono Ndjana lors de l’assemblée générale élective de dimanche dernier.
La rencontre, initialement prévue à 10h au palais des Congrès de Yaoundé, s’est plutôt déportée à la salle de conférence de la Caisse Nationale de Prévoyance Sociale (Cnps). Elle intervient dans un contexte tendu. L’on se souvient que la dernière assemblée générale de la Sociladra avait été renvoyée parce que le quorum n’avait pas été atteint. Des bruits de tricherie, de gonflage de liste d’électeurs avaient alors été lancés par les partisans d’Hubert Mono Ndjana. Pour la rencontre de dimanche dernier, la sécurité a été de mise. Les différents artistes présents sont passés à l’enregistrement toute la journée avant d’accéder à la salle des débats. Une fois à l’intérieur, plus question de sortir. Chaque artiste inscrit arborait un badge avec son nom. Les absents ont envoyé des procurations pour faire entendre leur voix. Des charters d’artistes sont mêmes venus d’autres régions, notamment du Littoral et de l’Ouest, pour participer à cette élection. La bataille psychologique a eu lieu. Par petits groupes, l’on a motivé les troupes visiblement épuisées par la très longue attente. En effet, c’est à 20h que les travaux ont effectivement débuté pour s’achever à 2h du matin.
Les longues discussions autour de l’amendement de certains points des statuts, notamment la réduction des membres du bureau de 21 à 15 ou encore la revue à la baisse du régime d’indemnité ont eu raison de plusieurs participants. Charles Ateba Eyene, membre de la liste d’Hubert Mono Ndjana, las de ces « tracasseries » est rentré chez lui. Pour certains artistes comme Dovie Kendo, le grand retard accusé dans les travaux n’était qu’une stratégie du camp d’Elise Mballa Meka pour l’emporter à l’usure. « Si les travaux s’étaient tenus en matinée tous les artistes qui ont fait le déplacement auraient voté. Mais à 15h, certains ont commencé à s’en aller. La faim et la fatigue ont commencé à se faire sentir. Et puis, au lieu qu’on commence directement avec les élections, on prend encore du temps pour d’autres débats », explique-t-elle. Pour Elise Mballa Meka, « Les choses ont été faites dans les règles » et sa victoire ne souffre d’aucune irrégularité. Elle rempile pour un mandat de trois ans.
Muriel Edjo

Les bibliothèques se mettent en mode défensif




Vol de livres. En plus de suspendre le prêt d’ouvrage, elles adoptent divers moyens pour préserver leurs acquis.
Les usagers sont nombreux ce 21 février 2011 à la bibliothèque du Centre culturel français (Ccf) de Yaoundé. Certains circulent entre les rayons tandis que d’autres, attablés dans un coin, lisent. De temps en temps, un commis fait un tour et se rassure qu’aucune des personnes présentes n’a endommagé, changé de place ou dissimulé sur lui un ouvrage. Le vol de livre, le Ccf en a souffert. Pour s’en prémunir, il a adopté des mesures de sécurité. Comme lui, plusieurs bibliothèques de Yaoundé, sujettes au vol de leurs livres, ont mis en place une politique préventive.
Au Ccf, les ouvrages les plus emportés étaient les recherches universitaires. Les étudiants, pour les dérober, les glissaient sous leur chemise ou tee-shirt. Le Ccf a du accentuer la surveillance par des employés dans les rayons. A la bibliothèque de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun, Ce sont les dictionnaires qui étaient prisés par un jeune homme qu’ils ont pu identifier par la suite, et qui les dissimulait dans ses vêtements. Il a été exclut définitivement. Comme le raconte Jean-Pierre Ghonda Nounga, le bibliothécaire, « Il avait réussi ainsi à faire sortir de nombreux ouvrages que nous avons retrouvés en vente « au poteau. Le problème de vol de livres ne se pose plus véritablement comme lorsque nous étions dans les anciens locaux, en face du cinéma Abbia. C’est surtout parce que nous avons désormais des publics cibles qui savent ce qu’ils veulent et respectent notre bibliothèque autant qu’ils se respectent eux-mêmes. Notre bibliothèque est spéciale en ce qu’elle travaille à aider l’ambassade à accomplir ses missions diplomatiques au Cameroun. Son fonds documentaire ne comporte pas toute la gamme des livres qu’on trouverait dans une bibliothèque normale. Nous n'avons aucune mesure de sécurité particulière sauf la surveillance discrète de ce que les gens ont sur eux quand ils sortent de la bibliothèque. De manière systématique, les sacs et autres éléments susceptible de contenir des livres sont retenus à l'entrée même de l'ambassade ».
Dans les universités de Yaoundé 1 et 2, la bibliothèque universitaire ne prête plus également de livres. Plusieurs thèses de doctorat, ouvrages de recherche, livres spécialisés ont disparus. Les pertes se chiffrent à des centaines de livres. Les consultations se font désormais en salle. Cependant, lorsque les étudiants ne peuvent pas faire sortir les livres, certains arrachent des chapitres entiers. Raison pour laquelle les usagers sont dorénavant surveillés. Il faut présenter une carte d’étudiant valide pour accéder à la salle de lecture. Les livres ne sont plus prêtés qu’aux étudiants en cycle de recherche. Toute personne reconnue coupable de vol de livre ou de mutilation de livre est tenue de le remplacer ou de verser sa valeur d’achat.
Située face à la cathédrale Notre-Dame des Victoires, la bibliothèque de la cellule de suivi et d’action pédagogique (Csap) du ministère des Enseignements secondaires (Minesec) ne regorge que d’ouvrages spécialisés dans la pédagogie. Elle est ouverte aux enseignants et aux étudiants d’écoles normales. Selon M. Enyegue, le chef d’unité de documentation, de reprographie et diffusion, plusieurs personnes ont été attrapées en train de vouloir dérober des livres. C’est toujours le même et vieux procédé, dissimuler les livres sous ses vêtements. Il y a aussi une autre méthode, s’inscrire à la bibliothèque, emprunter le maximum de livre possible en une fois et ne plus jamais revenir. Désormais, tout livre se consulte en salle sous la vigilance de trois surveillants.
La bibliothèque des pères dominicains située à Elig-Essono, semble être la structure qui a le plus souffert du vol de livres. Présente à Yaoundé depuis 1960, elle est gérée actuellement par le frère Damien. Selon Marie Bongou, la bibliothécaire, de sa réouverture en 1996 jusqu’en 2008, « la bibliothèque a perdu 5000 livres environ ». Dans une remise située près du bureau de la jeune dame, l’on peut apercevoir des tiroirs contenant des centaines de fiches de références jaunies par le temps. « Elles ont été retirées de la consultation parce que les livres y afférents ont disparu », confie Marie Bongou. Il est dorénavant interdit aux usagers de déambuler entre les rayons. Ils consultent des fiches de références et commandent un livre que les responsables de bibliothèque se chargent d’aller chercher dans les rayons pour eux.
Dans toutes ces différentes structures, les sacs ne sont pas admis en salle de lecture. Les bibliothèques se sont véritablement mises en mode défense.
Muriel Edjo



Haute protection
En dehors du personnel qui va et vient entre les rayons pour surveiller les lecteurs, certaines bibliothèques se sont munies de moyens technologiques. C’est le cas du Centre culturel français qui a inséré des pastilles antivol dans les livres. Ils déclenchent une alarme sonore lorsqu’un usager tente de passer le guichet sans avoir fait enregistrer le livre. Du côté de la bibliothèque des pères dominicains, la vidéosurveillance vient en soutien aux surveillants. Deux mini-caméras balaient continuellement la salle de lecture. Celui qui tente de dissimuler un livre sous son vêtement est vite repéré. Avec les mesures de sécurité renforcée au niveau de l’ambassade des Etats-Unis au Cameroun, la bibliothèque est également surveillée par des mini-caméras dissimulées dans le plafond. Pour Ghonda Nounga le bibliothécaire, ce ne sont pas des mesures spécifiques à la bibliothèque mais à tous les locaux.
M.E.

Un collège technique à Akwa


Bakassi. La 27ème session de la commission mixte Cameroun-Nigéria s’est ouverte hier avec des défis à relever.
La délégation Nigériane, forte de 51 membres et conduite par le pince Bola Adjibola est présente au Cameroun jusqu’au 11 mars 2011. Elle prend part à la 27ème session de la commission mixte Cameroun- Nigéria, chargée de la mise en application de l’arrêt de la Cour internationale de justice sur la péninsule de Bakassi. Le processus est à sa 9ème année. La réunion qui s’est ouverte hier à l’hôtel Hilton de Yaoundé, intervient 5 mois après celle de septembre 2010.
Au cours de la rencontre, les différentes parties prenantes vont donc évaluer les diverses réalisations sur le terrain. Des réalisations qui s’inscrivent selon Ahmadou Ali, le vice Premier ministre, ministre de la Justice garde des Sceaux et par ailleurs chef de la délégation camerounaise, dans « le renforcement de la confiance retrouvée entre les deux pays ». Depuis la rétrocession de la presqu’île de Bakassi au Cameroun en août 2006, 1600 km de frontière terrestre ont déjà été évalués. La mise en place des bornes-frontières pour la matérialiser a débuté. Le chantier de la route transfrontalière Enugu-Abakaliki-Manfé-Mutengene est avancé du côté camerounais. La construction d’un hôpital de référence à Idabato et d’un collège d’enseignement technique d’une valeur de 700 millions de Fcfa est prévue à Akwa.
Said Djinnit, le président de la commission mixte s’est félicité de la qualité des relations entre les deux pays qui est un exemple dans le monde. Des relations teintées « de paix et de saine collaboration », selon lui. C’est d’ailleurs dans ce sens que le Cameroun et le Nigéria ont signé en février dernier, un accord sportif et un autre sur l’interconnexion électrique. Mais selon Bola Adjibola, chef de la délégation Nigériane, des défis demeurent. La sécurité dans la zone de Bakassi, sujette à des attaques armées et à des enlèvements, doit être renforcée. A cela s’ajoute la sensibilisation des pêcheurs sur la préservation de la biodiversité. Les travaux prennent fin le 11 mars 2011.
Muriel Edjo

Le confort des détenus évalué


Concertation. Le comité de pilotage du projet de modernisation des prisons s’est tenu hier.
Le comité Ad hoc chargé du projet de modernisation des prisons et de préparation à la réinsertion sociale des détenus s’est réunit hier au ministère de la Justice. Il a dressé le bilan des réalisations entreprises depuis 2008 par le gouvernement pour améliorer le cadre de vie des détenus dans les différentes prisons camerounaises. C’est le Secrétaire d’Etat à l’administration pénitentiaire, Emmanuel Ngafferson, qui a présidé les travaux. Sur l’ensemble des différents chantiers en projet, le taux de réalisation se chiffre à 80%.
Cofinancé par l’Etat, l’initiative d’allègement de la dette multilatérale et le fonds des Pays pauvres très endettés, le projet de 6 milliards de Fcfa courait jusqu’en 2010. Il ambitionnait de doter le Cameroun d’un cadre normatif, structurel et infrastructurel propice au respect des droits de l’Homme en milieu carcéral. Egalement, de resocialiser les détenus afin de lutter contre la récidive. Avec Amadou Ali, le vice-premier ministre chargé de la Justice, comme coordonnateur, le projet prévoyait : la construction de 6 nouvelles prisons conformes aux prescriptions internationales. Bengbis, Bangem, Baham, Mundemba, Ntui et Ngoumou avaient alors été choisies comme sites. 22 prisons construites pendant la période coloniale devaient aussi être rénovées. A cela, il faut ajouter, l’acquisition de véhicules pour le transport sécurisé des détenus ou encore la création et le financement d’activités de formation et de production économique dans les prisons principales.
Muriel Edjo

47 prisons rénovées

Bilan. La modernisation des prisons visait la reforme de la politique pénitentiaire.Depuis 2000, le gouvernement a entrepris d’améliorer les conditions de vie des détenus au Cameroun. Pour cela, il a mis sur pied en 2008, le projet de modernisation des prisons et de préparation à la réinsertion sociale des détenus. Son impact visait plusieurs objectifs notamment, la viabilisation et la sécurité des pénitenciers, l’augmentation de la capacité d’accueil ou encore le retour à la vie communautaire post pénitentiaire.
Il ressort que sur les 6 prisons en chantiers, seules celles de Ntui et de Ngoumou ont été achevées. Celles de Bengbis, Baham, Mundemba et Bangem sont en phase terminale. 47 prisons ont été entièrement rénovées et 27 d’entre elles ont bénéficié de l’accès facile à l’eau potable. De l’acquisition en matériel roulant, 10 véhicules cellulaires, 2 pick-up, 1 minibus et deux camions aménagés ont été achetés pour le transport sécurisé des détenus et du personnel. Diverses activités de formation portant sur l’agriculture, l’élevage, l’artisanat et la menuiserie ont été créées, financées et sont en cours d’exécution dans les prisons principales et secondaires. Elles développent les capacités des détenus en vue de favoriser leur réinsertion sociale. Il faut également mentionner que des moulins à moudre, du matériel de couchage, du matériel de restauration et une batterie de cuisine ont été fournis à des prisons. Ce matériel logistique usuel permet de viabiliser leur condition de vie en milieu carcéral.
Même si le comité chargé de piloter ce projet juge que les résultats engrangés vont « changer la physionomie de l’administration pénitentiaire », il reconnait cependant qu’il est loin de satisfaire pleinement les attentes des « décideurs et de la société civile ». Pour l’instant donc, « ces réalisations seront capitalisées et ensuite décuplées, afin de s’approcher au mieux de l’idéal souhaité ».
M. E.